Intimidations turques dans les eaux chypriotes
Dans un article du 21 janvier, http://limes.over-blog.com/article-5339843.html, j'ai évoqué un problème concernant les revendications infondées de la Turquie sur des gisements pétroliers dans les eaux territoriales chypriotes. Or jeudi, une information quasiment passée inaperçue, révèle la véritable nature agressive de la Turquie.
La chaîne d'information NTV a en effet évoqué l'envoi de navires de guerre turc au large de Chypre dans la zone des prospections pétrolières et gazières. Selon la chaîne, les navires devaient encore rester "un certain temps" dans la zone pour montrer la "détermination" d'Ankara sur ce litige. NTV a ensuite expliqué que les navires turcs avait reçu l'ordre de patrouiller à partir de jeudi certains secteurs qui ne sont pas généralement dans leur zone de mission. Cette mesure a été convenue par le ministère turc des Affaires étrangères et l'état-major des armées afin de montrer le mécontentement d'Ankara au sujet du dossier pétrolier.
La République de Chypre, la seule entité reconnue internationalement sur l'île mais qui n'administre de facto que le Sud chypriote grec suite à l'invasion du nord de l'île par la Turquie, a signé avec le Liban le 17 janvier un accord délimitant leurs frontières maritimes, pour faciliter une future exploration de pétrole ou de gaz naturel. Ces réserves de pétrole et de gaz au large de Chypre atteindraient 400 milliards de dollars. Des accords similaires ont été signés avec l'Egypte l'année dernière.
Ne doutant de rien, la Turquie a enjoint mardi l'Egypte et le Liban de geler l'application d'accords sur la recherche de gaz et de pétrole signés avec Chypre, Ankara estimant que ses clauses portent atteinte aux droits de l'entité fantôche créée par les Chypriotes turcs au nord de l'île. Le dirigeant chypriote-turc Mehmet Ali Talat s'est également élevé contre les accords signés avec le Liban et l'Egypte, mettant en garde contre une aggravation des tensions si les champs pétroliers n'étaient pas exploités par les deux parties de l'île. Ankara et son pantin semblent oublier que cette entité, qui résulte d'une invasion militaire, est illégale et n'a par définition aucun droit international. Et certainement pas des droits de prospections. Si quelqu'un viole les droits des Chypriotes c'est bien la Turquie qui maintient une armée d'occupation sur l'île en violation du droit international.
Face à ces ingérences turques, un responsable du ministère chypriote grec des Affaires étrangères Alexandros Zenon a qualifié jeudi l'attitude du gouvernement turc de "provocation" et indiqué qu'ils surveillaient les bâtiments turcs au large de leurs côtes :
Je regrette que l'armée britannique, qui dispose de deux bases militaires en majeure partie en zone grecque (zones violettes sur la carte), ne manifeste pas sa présence afin de calmer la Turquie. Plus grave, à ce jour je n'ai pas eu connaissance d'une quelconque réaction de la part de l'Union européenne. Voici un pays qui prétend adhérer à l'UE et qui, non seulement refuse de reconnaître l'Etat chypriote membre ce cette union, non seulement occupe une partie de son territoire mais qui en plus menace ouvertement sa souveraineté maritime. Et que dit Bruxelles ? RIEN !!! Alors qu'on ne cesse dans nos médias de nous vanter la nécessaire solidarité européenne voici un cas concret qui ne nécessite pas le vote d'une constitution mais seulement un peu de courage. Mais voilà, le courage c'est exactement ce dont manque l'Europe. Et nos ennemis le savent. Face à une Europe unie la Turquie n'est rien. Face à la lâcheté européenne la Turquie peut aspirer à tout.