La disparition d'Israël est-elle un détail pour Jacques Chirac ?
Si je reviens aujourd'hui sur les propos lamentables du président de la république française sur le programme nucléaire iranien c'est que les analyses qui ont été faites concernant sa bourde sont erronées ou incomplètes. Revenons sur ces déclarations :
Je reste stupéfait devant une telle bêtise. Car au-delà de la bourde diplomatique que tous les médias ont relevé, ce qui est gravissime dans cette déclaration c'est le mépris affiché aussi bien pour la survie d'Israël que pour les vies des iranien(e)s. Jacques Chirac semble ne pas connaître les multiples déclarations de plusieurs hauts responsables de la République islamique qui n'ont pas hésité à proclamer que si la moitié de la population iranienne devait être sacrifiée, pour pouvoir rayer Israël de la carte, cela ne posait pas de problème.
J'ajoute que le président iranien croit dur comme fer au retour du Mahdi. C'est-à-dire à l'arrivé du douzième imam, Muhammad ibn Hasan, dernier descendant direct d'Ali, beau-fils du prophète Mohammed, disparu en 874. Les chiites sont convaincus que le chaos et les massacres doivent précéder le retour du Mahdi. Mais l'important c'est que ce chaos est du domaine de l'action humaine. En créant un chaos apocalyptique Mahmoud Ahmadinejad pense sincèrement qu'il est possible d'influer sur la réapparition du Mahdi, la création d'un gouvernement islamique mondial, et la destruction des autres croyances.
Lorsque Jacques Chirac laisse entendre que les mollahs iraniens n'utiliseront pas l'arme atomique car ils savent que Téhéran serait détruite, il raisonne en occidental...et fait preuve d'une légereté déconcertante. Car cela fait une belle jambe aux Israéliens de savoir que Téhéran sera rasée si un missile atomique est lancé contre leur pays. Jacques Chirac ne dit pas comment il envisage d'empêcher que ce missile arrive à destination. Le meilleur moyen ne serait-il pas encore d'éviter que la République islamique ne possède l'arme nucléaire ? Quelque soit le prix à payer cela sera toujours moins "cher" que de voir l'état hébreu et la capitale iranienne rayés de la carte. La légereté avec laquelle Jacques Chirac joue avec les vies des Israéliens et des Iraniens laisse à penser que tout cela est un détail pour lui. Mais peut-etre que si ses conseillers lui soufflent à l'oreille que le perfectionnement des missiles iraniens, dans les prochaines années, feront qu'Athènes ou Rome seront potentiellements des cibles, peut-etre envisagera t-il la chose sous un angle différent.
Car les fanatiques les plus dangereux ont toujours été ceux qui, comme Hitler, associaient une idéologie totalitaire à une foi mystique en une mission divine à accomplir. Ahmadinejad est de ceux-là. Cette combinaison, ajoutée à un projet d'arsenal nucléaire, en fait un adversaire qu'il faut absolument stopper.