Niez, niez, niez, il en restera toujours quelque chose...

Publié le par Veritas

Monsieur Jean-Philippe Rémy est journaliste pour "Le Monde". Dans l'édition du 17 novembre du quotidien de "référence" de la presse française, il n'a pas hésité à remettre en question la raison principale du génocide perpétré par les islamo-fascistes au pouvoir à Khartoum. Pour lui la lecture des affrontements selon un antagonisme entre tribus arabes et ethnies négro-africaines serait douteuse. Peu importe que des organisations humanitaires comme "Human Rights Watch", des institutions comme l'ONU, ou tout simplement les observateurs sur le terrain, cautionnent cette réalité. Pour Jean-Philippe Rémy "Ce schéma néglige un grand nombre de facteurs de tensions, mais il a le charme pervers de la facilité d'emploi."

Que des causes multiples puissent venir expliquer le drame du Darfour n'est nullement niés par ceux qui mettent en avant la raison ethnique comme explication principale au génocide qui se déroule dans cette région. En revanche tout le but de l'intervention de monsieur Jean-Philippe Rémy, au regard des mots utilisés, a pour but de nier la raison ethnique du conflit au Darfour. D'autant plus que dans la suite de son article il se révèle incapable de citer les facteurs multiples du conflit. Un comble lorsqu'on affirme des choses aussi graves. Pire, un peu plus loin il évoque "un modèle artificiel d'antagonisme entre tribus arabes et ethnies négro-africaines". Pour qui a vécu un tant soi peu en Afrique, il est facile de comprendre que ce journaliste est coupé des réalités du continent africain. L'antagonisme entre africains noirs et arabes est bien réel. Les premiers n'oublient pas les siècles d'esclavage ni le mépris qu'affichent toujours à leur égard les populations arabes.

Pourquoi une telle charge pour nier la causalité d'un génocide ? Laissons la parole à Jacky Mamou, ancien président de Médecin du Monde :

"Cette gauche aveuglée dans son rapport aux droits de l'homme est bousculée par la crise du Darfour. Incapable d'analyser lucidement la dimension raciste des persécutions systématiques contre les populations noires africaines, elle se réfugie dans le silence ou la langue de bois. La mansuétude traditionnelle du Quai d'Orsay envers Khartoum, politique arabe de la France oblige, ne rencontre aucune opposition de ce côté-là." (in "Le meilleur des mondes" numéro 1)

 Humanitaires au chevet d'un enfant blessé au Darfour

Mais il existe également une raison beaucoup moins avouable. Une polémique existe pour savoir si les massacres qui se déroulent au Darfour (De 200.000 à 300.000 morts à ce jour selon les sources) est un génocide. Or quelle est la définition d'un génocide ? Ce mot est formé à partir du terme grec "genos" qui signifie race, nation ou tribu, et du suffixe latin "cide" signifiant le fait de tuer. Un génocide consiste donc à vouloir détruire un groupe ethnique ou racial. En niant l'aspect ethnique ou racial des massacres au Darfour, le journaliste du quotidien de référence cherche à dédouaner par avance les dirigeants soudanais d'une éventuelle accusation de génocide.

J'ajoute que les délires paranoïaques de l'extrême-gauche tombe également à l'eau. Si les Etats-Unis n'interviennent pas au Darfour ce n'est pas pour protéger leurs intérêts pétroliers au Soudan. Leur action à l'ONU se trouve en effet paralysée par les intérêts pétroliers chinois au Soudan, les ventes d'armes russes à Khartoun et la solidarité panarabique. Les génocides juifs et arméniens ont eu leurs négationnistes à posteriori. Celui du Darfour à le triste privilège de les voir se manifester durant son exécution.

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Publié dans L'esprit de Münich

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