Veillées d'armes au Kosovo ?
Résumé de la situation avant une possible déflagration :
Après l'échec des pourparlers entre Belgrade et Pristina sur le futur statut du Kosovo, il revient au Conseil de sécurité des Nations unies de trancher. Pour parvenir à un accord entre Belgrade et Pristina sur le futur statut du Kosovo, il aurait fallu un miracle. Il n'a pas eu lieu, il n'aura pas lieu. Martti Ahtisaari, l'émissaire onusien, a présenté un plan ouvrant la voie à l'indépendance de cette province peuplée à 90 % d'Albanais. Comment pouvait-il espérer parvenir à une "solution négociée" dès lors que la Serbie ne peut accepter d'être amputée d'une partie de son territoire ? À Belgrade, le nouveau Parlement serbe n'a pas tardé à se prononcer à une très large majorité contre ce plan qui "en ouvrant la voie à la création d'un autre État albanais, sape l'intégralité territoriale serbe" . Le modéré et proeuropéen Bozibar Djelic, qui pourrait être le futur premier ministre serbe, ne craint pas de dénoncer un "double scandale" : l'absence de respect des règles du droit international et la faiblesse des droits collectifs accordés aux minorités serbes. "Avec le paquet Ahtisaari les Serbes n'ont rien eu et les Albanais ont tout eu."
À Pristina, la première manifestation des indépendantistes albanais huit jours après l'annonce du plan Ahtisaari a fait deux morts. Le ministre de l'Intérieur a offert sa démission et le chef des forces de police onusiennes au Kosovo qui avaient tiré avec des balles en caoutchouc sur les manifestants a été remplacé. Lundi dernier, dans un quartier résidentiel de Pristina, ce sont trois véhicules de l'ONU qui ont été endommagés par une charge explosive. Les uns sont debout sur les freins, les autres martyrisent l'accélérateur. Dans ce climat de tension renaissante, les instances internationales ne pourront longtemps tergiverser. D'ici à la fin du mois de mars, Martti Ahtisaari remettra son plan au Conseil de sécurité de l'ONU, qui devra se prononcer. Dans les coulisses, les diplomates s'activent afin d'éviter un veto de Moscou, fidèle allié de Belgrade. L'Union européenne pour tenter d'amadouer les forces serbes les plus modérées fait miroiter la perspective d'un assouplissement des conditions posées à un rapprochement avec l'UE. Il s'agit d'acheter l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne contre l'indépendance du Kosovo. Rien ne dit que les Serbes cèderont à ce chantage. Les peuples des Balkans ne sont pas aussi mercantiles que les Européens de l'Ouest.
Quel que soit le résultat de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, qu'il réussisse à s'accorder pour mettre fin à la résolution 1244 et au mandat des forces de l'ONU ( Unmik) au Kosovo ou qu'il n'y parvienne pas, Pristina proclamera son indépendance. Après, tout est à nouveau possible. L'extrême nord de ce nouveau petit État des Balkans peuplé de Serbes peut faire sécession, les autres petites communautés serbes éparpillées sur le territoire peuvent se vider de leurs habitants qui ne s'estimeront plus protégés, même si les forces de l'Otan restent en grand nombre sur le terrain. Les recommandations du plan Ahtisaari censées organiser une société multiethnique peuvent rester lettres mortes dès lors qu'elles ne seront pas inscrites dans la future Constitution kosovare.Le journal autrichien Die Presse a demandé à Mgr Radosavljevic, le chef de l'Eglise orthodoxe serbe au Kosovo, ce que seraient selon lui les conséquences d'une indépendance du Kosovo. Il a répondu que :
"cela préparerait le terrain pour un jihad militant et pour un terrorisme islamique au coeur de l'Europe : Les wahabites sont représentés partout au Kosovo et ont construit ces dernières années 400 nouvelles mosquées. Ce sont des extrémistes et leur idéologie est la même que celle d'Al-Qaïda. Mais la Serbie ne se laissera pas voler le Kosovo."
Le Kovovo laboratoire du futur de l'Europe ?
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