Gerry Adams sur les traces de Michael Collins
Le 28 janvier le Sinn Féin, l'aile politique de l'IRA, a fait un pas important et historique vers la recherche d'une solution pacifique en Irlande du nord. Sous la présidence de Gerry Adams le Sinn Féin a en effet accepté de reconnaître l'autorité de la police nord-irlandaise. Cette même police qui durant trente ans a matraqué, torturé, emprisonné, abattu les militants catholiques. Ce geste n'allait pas de soi et d'ailleurs l'aile extrémiste de l'IRA refuse de suivre le Sinn Féin. Peu importe, ces extrémistes sont minoritaires et n'ont pas le soutien de la population catholique. Ces groupuscules responsables du carnage d'Omagh (29 morts) qui a terni l'image de l'IRA n'ont d'ailleurs aucune leçon à donner à Martin McGuinness, ancien chef de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) ou à Martin Meehan, ancien chef de l'IRA dans les quartiers nord de Belfast et qui a donné vingt ans de sa vie en prison pour l'IRA. Ces deux figures historiques du combat des catholiques pour une Irlande unie approuvent le choix du Sinn Féin. Cette décision historique devrait permettre de réactiver le processus du partage du pouvoir entre les catholiques et les protestants. Durant le congrès du Sinn Féin Gerry Adams a réussi à émouvoir son assistance en déclarant :

Gerry Adams
Car l'objectif reste le même : la réunification de l'Irlande. Mais par des moyens pacifiques. Comme à l'époque de Michael Collins (voir à ce sujet l'excellent film sur le père de l'indépendance de l'Irlande) deux camps s'affrontent. Ceux qui veulent obtenir tout et tout de suite et qui en définitive n'obtiennent jamais rien si ce n'est la désolation et ceux qui se veulent plus pragmatiques et qui arrivent finalement à leur fin. Car les catholiques ont un atout de taille. Les projections démographiques démontrent qu'ils deviendront majoritaires en Irlande du nord au cours du XXIème siècle. Et en démocratie c'est bien la majorité qui compte...
Tout cela n'empêche pas les partisans de l'IRA, dont je suis, de se souvenir qu'il y a trente ans, le 30 janvier 1972, avait lieu le Bloody Sunday. Lors de ce dimanche funeste le mouvement des droits civiques d’Irlande du Nord organise dans les rues de Derry une marche populaire et pacifique. Il entend protester contre les emprisonnements sans procès que multiplie le pouvoir britannique sous la pression des unionistes et la fin des pratiques discriminatoires des pouvoirs locaux envers les catholiques au niveau politique, social et économique. Mais les autorités unionistes de Belfast, l’armée britannique et le gouvernement de Londres se sont mis d’accord pour réprimer cette manifestation afin d'intimider les catholiques. Dans la confusion de la manifestation, le premier bataillon de parachutistes qui doit procéder à des arrestations massives tire sur la foule, tuant treize manifestants. Cette tragédie va définitivement faire basculer l'Irlande du nord dans la guerre civile.