Le peuple serbe marque son attachement au Kosovo
Tomislav Nikolic, leader nationaliste
Alors bien entendu, nos technocrates européens font une tout autre lecture de ce scrutin en estimant que les nationalistes modérés doivent s'allier avec le Parti démocrate (DS, opposition pro-occidentale) du président Boris Tadic qui a obtenu 22,6% et qui est "moins rigide" sur la question du Kosovo. Et ce afin de former un gouvernement pro-occidental malgré la victoire des nationalistes du SRS. Le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), Javier Solana, "espère beaucoup la formation rapide d'un gouvernement en accord avec les principes de l'Union européenne".
Mais cette lecture du scrutin est biaisée, fausse et malhonnête. Il n'y a rien d'étonnant à cela. Lorsque ces mêmes technocrates ne tiennent pas compte du refus des peuples français et néerlandais sur la question de la Constitution européenne, il n'y a pas lieu de s'étonner à les voir faire la sourde oreille aux désirs exprimés par le peuple Serbe. Car malheureusement cela se passe ainsi dans nos démocraties bananières. Javier Solana fait mine "d'oublier" que la question du statut futur du Kosovo fut l'enjeu central des élections. Que le SRS soit arrivé largement en tête est donc significatif, il s'agit d'un message clair et net de la part du peuple serbe. Celui-ci refuse la perte du berceau historique, culturel et religieux de la Serbie. Quant à Javier Solana, il ferait bien de préciser de quels principes il parle.
Le principe d'hypocrisie, de duplicité ? N'est-ce pas la même Union européenne qui a refusé de reconnaître à l'automne le résultat du référendum en Transnistrie qui à vu 95 % de la population se prononcer en faveur d'un rattachement à la Russie ? Même chose en Ossétie du sud. Or qu'a répondu l'Union européenne ? Qu'elle ne reconnaissait pas la validité de ces référendums qui remettaient dangereusement en cause les frontières de la Moldavie et de la Géorgie. C'est en se basant sur ce même principe de l'intangibilité des frontières, que l'on refuse le droit aux serbes bosniaques de se rattacher à la Serbie. Alors pourquoi accorder aux Albanais ce que l'on refuse aux autres ? Pourquoi l'intangibilité des frontières de la Serbie serait moins importante que celles de Bosnie, de Moldavie ou de Géorgie ? Parce que la Serbie est l'un des rares pays européens à rester dans l'orbite russe ? Poser la question est déjà y répondre. Mais ce n'est pas l'unique raison.

Ecoutons ce que dit Vladeta Jankovic, conseiller diplomatique du premier ministre, Vojislav Kostunica :
Jusque dans les années 20 les Serbes étaient encore majoritaires au Kosovo, berceau de la culture et de la religion des Serbes. Mais avec la deuxième guerre mondiale les partisans serbes et leurs familles furent tués ou chassés du Kosovo par les nazis et leurs collaborateurs musulmans, albanais et bosniaques, engagés dans les divisions SS Skanderberg et Handchars. Après la guerre, le régime communiste interdira le retour des réfugiés serbes dans la région afin de limiter l'influence de la Serbie au sein de la fédération Yougoslave. Puis, durant la seconde moitié du XXème siècle la démographie galopante des musulmans albanais du Kosovo associée à une forte immigration des albanais d'Albanie fuyant la misère de leur pays fera que, dans les années 1990, la province est habitée à 90% de musulmans albanais. On estime aujourd'hui qu'un Albanais du Kosovo sur trois est originaire d'Albanie ou descendant d'immigrés albanais récents. Le Kosovo s'est ainsi progressivement islamisé. Résultat: "Le Kosovo est proche de l'indépendance". Cette petite phrase émane d'un diplomate de la Minuk (la Mission des Nations unies au Kosovo) au journal "Le Monde" dès le 03 mars 2006. Car pour la communauté internationale la cause est entendue. Les négociations n'existent que pour ménager les susceptibilités serbes et pour conférer à l'accord qui en résultera la légitimité et la force du droit international. C'est donc un Kosovo indépendant, à plus ou moins brève échéance, qui doit sortir de ces négociations. Cette victoire annoncée des islamo-maffieux du Kosovo qui se profile, risque bien d'être l'illustration de ce qui attend l'Europe occidentale dans un avenir à moyen terme. Des communautés musulmanes devenues majoritaires sur un territoire donné et qui pour obtenir le "droit" de vivre selon les préceptes coraniques s'insurgeront par les armes. De multiples mouvements de guérilla, sur le mode de l'UCK, verront le jour, notamment en France. C'est pourquoi le combat du peuple serbe est également notre combat, sa résistance notre résistance, son refus de courber l'échine notre dignité. Soutenons la Serbie, disons non à l'indépendance du Kosovo.
Résultats définitifs des élections législatives en Serbie du 22 janvier 2007
Participation : 62%
| Formations politiques | Pourcentage des suffrages obtenus |
| Parti radical serbe (SRS) | 28,7 |
| Parti démocrate (DS) | 22,9 |
| Parti démocratique de Serbie (DSS) | 16,7 |
| G17 Plus | 6,8 |
| Parti socialiste (SPS) | 5,9 |
| Parti libéral-démocrate (LDP) | 5,3 |
| Autres | 13,7 |