Qui veut déstabiliser le régime tunisien ?

Publié le par Veritas

Au niveau politique la Tunisie est une dictature. Cela est indiscutable. En revanche, au niveau sociétal ou économique le régime tunisien peut-être qualifié de libéral. Et si on se penche sur la condition féminine, les tunisiennes bénéficient des libertés les plus larges qui puissent exister dans l'ensemble du monde arabo-musulman. La Tunisie sur ce point est l’exception arabo-musulmane. Cela aussi est indiscutable. Pourtant, le régime tunisien fait l'objet d'un traitement de "faveur" de la part du microcosme intellectuel parisien. Aucun régime arabo-musulman, aussi horrible soit-il n'est la cible d'une telle vindicte de la part de cette cauterie "boboisante" des beaux quartiers parisiens. Je le répète, car c'est important, le régime tunisien est un régime dictatorial. Mais, sauf erreur de ma part, c'est le lot commun des pays musulmans. Alors pourquoi cibler tout particulièrement la Tunisie ? En quoi l'exemple qu'offre ce pays au niveau du développement économique ou de l'émancipation des femmes musulmanes gêne a ce point nos intellectuels ou des médias comme "Libération" ou "Le Monde" qui s'acharnent sur le régime du président Ben Ali ? Je n'est pas de réponse.

Le président Ben Ali

Les détracteurs du régime tunisien insistent souvent sur l'existence d'une opposition démocratique qui aspire au pouvoir. Or un évènement récent, la pendaison de Saddam Hussein, a permis de nous faire une idée de cette opposition "démocratique". Environ 1000 personnes ont manifesté à Tunis pour dénoncer l'exécution de l'ancien dictateur Saddam Hussein. A l’appel de l’Union Générale Tunisienne du Travail, les manifestants ont scandé : "Par notre âme, notre sang, nous nous sacrifierons pour toi Saddam." La foule était composée de syndicalistes, de membres du milieu associatif et de représentants du Barreau conduits par le bâtonnier Abdessattar Ben Moussa. Les banderoles brandies proclamaient : "Tu as vécu en héros, tu es mort en héros", "Pas d'intérêts impérialistes en terre arabe", "Honneur aux martyrs, gloire à la résistance, honte aux valets (arabes)". Le président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH), Mokhtar Trifi, a qualifié l’exécution d'"assassinat". Voilà le visage de l'opposition démocratique tunisienne, idole des journalistes de Libération ou du monde : dénonciation de l'ouverture économique de la Tunisie, soutien à un dictateur sanglant et promotion du terrorisme le plus barbare qualifié de résistance.

J'aspire à ce que la Tunisie devienne à terme une démocratie politique mais certainement pas pour qu'une bande d'illuminés ou de fanatiques barbus s'empressent d'y confisquer toutes les libertés. A commencer par celles accordées aux femmes tunisiennes. Reste la même question auquelle je n'arrive pas à donner de réponse : pourquoi un tel acharnement médiatique et intellectuel contre le régime tunisien ? Le boucher génocidaire de Khartoum ne fait pas l'objet de telles attaques. Idem pour le régime sanglant et corrompu d'Algérie, pour le doux cinglé de Tripoli ou les émirs arriérés d'Arabie-Saoudite. Nos médias si enclin à trouver des islamistes "modérés" parmi les plus cinglés de la planète semblent incapables de trouver la moindre excuse au régime tunisien. Les reporters français envoyés en Tunisie font preuves d'une pugnacité et d'une précision dans leurs enquêtes, qui consistent à dénoncer le pouvoir en place, qui tranchent avec leur travail sur d'autres régimes arabes. Qui a donc intérêt à déstabiliser la Tunisie ? Et pourquoi ?

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Publié dans Divers

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