Indifférence et ingratitude font le jeu des talibans

Publié le par Veritas

Le 23 novembre, la voiture de Zarghona Kakar, élue du conseil provincial de Kandahar, a été mitraillée par deux terroristes à moto. Elle s'en est miraculeusement sortie indemne mais son mari a succombé à ses blessures. Le 25 septembre une autre femme occupant des responsabilités, Safia Amajan, directrice des affaires féminines pour la province de Kandahar, est morte sous les balles de ses agresseurs. Je suis consterné par l'absence de réaction en Occident face au sort tragique des femmes afghanes. A t-on seulement idée du courage quotidien dont elles font preuve pour braver les interdits des talibans ? Je suis admiratif. Mais face à notre indifférence combien de temps ces femmes courageuses vont-elles pouvoir résister ? Quand je pense qu'en France, une association qui se prétend féministe, les "Chiennes de Garde",  s'est fixé en 2006 pour combat principal... de supprimer le terme "Mademoiselle" dans les courriers de l'administration, on mesure la distance qui sépare les préoccupations des femmes afghanes de celles des bourgeoises des salons parisiens.

Cérémonie en hommage a un soldat français décédé à Kaboul

Il est tout aussi consternant de voir que les soldats occidentaux qui combattent et meurent en Afghanistan pour la défense de la liberté et de la démocratie mais également pour assurer notre sécurité et notre tranquillité, ne recoivent pas l'hommage qui leur est dû. Pour eux, des cérémonies discrètes, presque en catimini. Nos médias se contentent d'égrener les pertes tel un comptable qui clôture son bilan de fin d'année. Absence totale d'émotion. Peu ou pas de compassion. Aucune mobilisation de la société civile pour soutenir moralement nos troupes ou les familles des militaires. Aucune valorisation de l'action de nos soldats, aucune promotion de leur courage. Au contraire, bien souvent des journalistes, des intellectuels ou des politiques viennent ergoter sur leurs résultats, sur leurs difficultés de cohabiter avec les populations locales. Et pourtant le travail qu'ils accomplissent quotidiennement est colossale. Et cela dans un environnement extrêment difficile. Si on juge une société à la façon dont elle honore ses morts, notamment ceux tombés pour la défendre, alors il y a de quoi être inquiet quant au degré de santé morale de nos sociétés occidentales.

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Publié dans L'esprit de Münich

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