Je capitule, tu capitules, il capitule...ou le verbe à la mode en Europe
Un peu partout en Europe, quelle surprise..., des voix s'élèvent pour dire tout le mal qu'elles pensent d'une intervention militaire contre les installations nucléaires iraniennes. Preuve que celle-ci est plus que jamais d'actualité. Ces bonnes âmes trouveront toujours d'excellentes raisons pour ne pas intervenir. Elles nous promettent, comme toujours, l'apocalypse. Mais curieusement il ne vient à l'idée de personne d'expliquer dans nos médias quel serait le coût d'une capitulation devant les ambitions nucléaires des mollahs. C'est à dire quels seraient les dangers d'un Iran nucléarisé.
Le britannique Frank Barnaby, chercheur en physique nucléaire et, paraît-il, expert en armement, vient d'éditer un rapport pour condamner par avance une intervention militaire. Son rapport est une longue suite d'inepties. Ainsi il estime qu'une intervention militaire contre les infrastructures nucléaires de l'Iran pourrait se retourner contre ses auteurs en renforçant la détermination de Téhéran à accéder au club des puissances nucléaires et en accentuant l'hostilité contre l'occident.
Il me semble que la détermination de l'Iran à obtenir le nucléaire est déjà total. Il semble oublier que depuis quatre ans les mollahs se jouent de la diplomatie des Européens en multipliant les mensonges, les atermoiements, les menaces tout en profitant de ce répit pour faire avancer à grands pas leur programme nucléaire. La détermination est donc total du côté iranien. Je ne vois pas en quoi une intervention militaire occidentale pourrait l'accroître. On attend d'un chercheur qu'il avance des faits non des spéculations.
Quant à l'accentuation de l'hostilité contre l'occident on touche là au ridicule. Il a peut-être échappé à ce chercheur britannique, à cet expert..., que depuis le début de la révolution islamique en 1979 toutes les manifestations publiques sont placées sous le signe de la détestation de l'Occident : "Mort aux Etats-Unis, à Israël...", drapeaux français ou britanniques brûlés, ambassades occidentales attaquées ou incendiées, discours appelant à la destruction d'Israël ou niant l'holocauste, présentation de l'Occident comme étant le grand ou le petit Satan selon les déclinaisons etc..., etc... Alors bien entendu, il existe différentes étapes dans la maladie d'un psychopathe mais au sein du régime théocratique iranien cela fait longtemps que l'on a atteint le stade terminal. Là encore je ne vois pas en quoi une intervention militaire pourrait accroître cette hostilité. Comme aurait dit Coluche, ce chercheur semble penser que l'on peut laver plus blanc que blanc.
Celui-ci estime en outre que des frappes militaires seraient sans doute impuissantes à causer des dégâts importants aux sites nucléaires iraniens : "En l'absence de renseignement adapté, il semble improbable de pouvoir identifier puis détruire le nombre de cibles nécessaires pour retarder le programme nucléaire iranien pour une période conséquente. Dans la foulée d'une frappe militaire, si l'Iran consacrait un effort et des ressources maximaux à la fabrication d'une bombe atomique, il pourrait y parvenir dans un délai relativement court (...) et dans un contexte d'hostilité qui se serait accrue de façon incalculable." Pour Barnaby, il est probable que la république islamique se soit dotée de sites de recherches souterrains ainsi que de "cibles leurres", de fausses installations ressemblant à des sites atomiques et visant à déjouer la surveillance par satellite du territoire iranien.
Mais qu'en sait-il ce brave chercheur ? A t-il accès aux données du Mossad, de la Cia ou du MI6 ? Non. Sait-il seulement que le Mossad a déjà commencé sa campagne d'élimination de la matière grise iranienne ? (http://limes.over-blog.com/article-5551509.html). Sait-il qu'il existe une opposition iranienne qui permet de récolter des informations précieuses ? Surévaluer les capacités de l'ennemi afin de justifier l'inaction est une attitude classique de ceux qui adoptent la politique de l'autruche. L'intervention sera massive, lourde et se fera sans doute avec des armes nucléaires tactiques qui causeront des dégâts considérables non seulement au programme nucléaire mais également à tout l'arsenal répressif du régime théocratique. Ce qui est évident c'est que si il n'y a pas d'intervention, le monde libre devra en effet vivre avec l'épée de damocles de la bombe iranienne. Ce qui est inacceptable.
Frank Barnaby appelle enfin à une relance conséquente des initiatives diplomatiques pour tenter de sortir de la crise avec l'Iran, qui a refusé de se conformer aux exigences des Nations unies sur la suspension de ses activités d'enrichissement de l'uranium. Et d'ajouter qu'un bombardement de l'Iran cimenterait la population derrière son gouvernement, qui serait ainsi légitimé par la base "pour fabriquer rapidement une arme atomique". "Ce serait là une chose absolument stupide"
Quatre années de négociations ne lui suffise pas ? Ce qui serait stupide s'est de laisser un régime aux aspirations génocidaires, un régime qui finance et arme des organisations terroristes comme le Hamas, le Hezbollah ou l'Armée du Mahdi, un régime qui déstabilise toute la région et au-delà (alliance avec les génocidaires soudanais ou les islamo-fascistes somaliens) détenir l'arme atomique. Quant à l'argument qu'une attaque cimenterait le peuple avec son régime c'est l'argument des pleutres. Argument déjà servi dans les années 30 pour ne rien faire. Argument qui s'est souvent avéré faux comme en Serbie par exemple. Quant à la "base" de la population iranienne c'est elle qui a porté au pouvoir Mahmoud Ahmadinejad. Et toutes les enquêtes montrent qu'elle est en accord avec le régime dans sa quête de l'atome. Une intervention occidentale ne légitimerait donc pas la fabrication d'une arme atomique puisque cette légitimité existe déjà.