In et out
L'attitude de la France est parfois très déconcertante. En République centrafricaine les forces armées françaises sont intervenues une nouvelle fois aujourd'hui pour stopper l'offensive des rebelles de l'Union des Forces démocratiques pour le changement (UFDR). Rebelles armés et soutenus par les islamo-fascistes au pouvoir au Soudan. L'armée centrafricaine a ainsi pu repousser samedi une attaque des rebelles, qui étaient parvenus à entrer dans la ville de Birao, grâce à l'appui de l'armée française. C'est la seconde tentative des rebelles pour s'emparer de Birao, véritable verrou du nord du pays et par conséquent ville stratégique.
La France a raison d'intervenir comme j'ai pu le dire dans un article du 01 février dernier, http://limes.over-blog.com/article-5486190.html. Il s'agit non seulement de son devoir naturel envers un régime allié mais également de son devoir moral envers le projet immonde des islamo-fascistes soudanais, soutenus par l'Iran, d'exporter dans la région les séquelles du génocide du Darfour. De la même manière la France a pour devoir d'intervenir au Tchad si le besoin s'en faisait sentir.
En revanche, l'attitude de la France en Afghanistan n'est pas aussi respectable. Comme l'a déclaré jeudi, à Paris, le sous-secrétaire d'Etat américain pour l’Asie du Sud et l’Asie centrale, Richard Boucher, les Etats-Unis ne comprennent pas l'attitude de la France dans cette région : "Nous espérons que la France va augmenter sa contribution pour renforcer l’effort européen. Nous acceptons avec joie tous les efforts des pays membres de l’Otan en Afghanistan."
En effet, si actuellement, 1 100 soldats français sont stationnés dans la région de Kaboul Paris a retiré en janvier les 220 hommes des forces spéciales qui opéraient fort utilement dans l’est de l’Afghanistan, à la frontière des zones tribales du Pakistan. Ensuite, les Américains souhaitent que les Français s’engagent, comme les Britanniques, dans les combats contre les talibans au sud du pays. Ce dont l’état- major français ne veut pas.
Ce refus est d’autant plus désagréable aux yeux des Américains que l’offensive des talibans bat son plein et que tout le monde s'accorde pour dire que l'année 2007 sera chaude. Alors que l'Australie et le Royaume-Unis viennent d'annoncer l'augmentation de leurs troupes en Afghanistan l'attitude de Paris est pour le moins frileuse.
Alors comment comprendre que l'attitude de la France soit "in" en Afrique et "out" sur le terrain majeur de la lutte contre Al-Qaïda en Afghanistan ? J'ose espérer qu'il ne s'agit pas seulement d'une posture antiaméricaine.