La baudruche européenne

Publié le par Veritas

Il y a quelques semaines le président américain, Georges W.Bush, avait lancé un appel à ses alliés afin qu'ils augmentent leur présence militaire en Afghanistan pour faire face à une offensive d'envergure des taliban et d'Al-Qaïda. Si Romano Prodi n'avait pas répondu favorablement à cet appel tout au moins il avait promis que le contingent italien, fort de 1800 soldats, continuerait à accomplir sa mission dans ce pays. Or hier, c'est justement sur ce point crucial que le gouvernement de Romano Prodi est tombé suite à un vote négatif au Sénat. Sa coalition a en effet implosé malgré le discours de Massimo D'Alema, ministre des Affaires étrangères :

"La mission en Afghanistan est un défi pour la communauté internationale, pour l'ONU et tous les pays du monde, aucun d'entre eux, notez le bien, ne soutient la nécessité de retirer les forces internationales d'Afghanistan." 

Le gouvernement n'a pas obtenu les 160 voix nécessaires. Notons également l'attitude irresponsable de l'opposition de droite qui a préféré ses petits intérêts politiciens plutôt que de venir au secours du gouvernement de Romano Prodi sur une question qui devrait pourtant transcender les clivages. D'autant plus que la droite italienne est favorable à la présence militaire de l'Italie en Afghanistan. Quel gâchis ! Mais cette attitude du Sénat italien est à l'image de ce qui se passe au niveau européen concernant les affaires touchant au monde musulman. Une absence totale de courage, de conviction, une politique de l'abandon, de capitulation et non de combat. En bref, une politique munichoise et non churchilienne. La preuve en est encore donnée avec la publication d'une note interne, supposée confidentielle, dans laquelle l'Union européenne souligne que la politique de sanctions contre Téhéran est insuffisante et où elle se montre pessimiste sur ses chances de ramener l’Iran à la table des négociations. L’Union européenne prévoit en outre que l’Iran sera prochainement doté de l’arme nucléaire. Autrement dit, l'UE pense qu'il n'y a rien a faire et donne un blanc seing à lIran pour se doter de l'arme nucléaire. Pire encore, elle explique par avance les raisons de sa capitulation :

"L’Iran se sent renforcé par ses ressources énergétiques, son programme nucléaire, et les développements dans la région. De par sa taille, et grâce à ses forces armées bien équipées, l’Iran n’affronte aucune menace militaire sérieuse dans la région. Son principal souci sécuritaire serait une attaque militaire américaine »

Mais le document d'affirmer de suite ne pas prendre cette hypothése au sérieux. L'UE afin de cacher sa propre lâcheté, sa capitulation projette sur les USA ou Israël son impuissance supposée qui ne résulte que de son manque de courage. Mais le plus indécent c'est de voir l'Union européenne affirmer que le processus diplomatique a échoué et de déclarer :

"Les Iraniens ont poursuivi leur programme nucléaire à leur rythme, lequel n’est limité que par des problèmes techniques, et non par les résolutions de l’ONU ou de l’AIEA. Les sanctions prévues par la résolution ont un effet direct limité. Le problème avec l’Iran ne sera pas résolu uniquement par des sanctions économiques."

Mais qui a tenu à négocier durant 4 ans avec les mollahs iraniens alors qu'il était évident que ceux-ci ne cherchaient qu'à gagner du temps ? Qui a fait le forcing, avec la Chine et la Russie, pour que les sanctions économiques soient les plus légères possibles ? Quelle hypocrisie, quelle indécence. Et que dire de la conclusion de ce rapport ? :

"L’Iran doit comprendre que la poursuite de sa politique n’est pas sans frais. L’UE s’est mise d’accord pour aggraver les sanctions à l’ONU, si les décisions de l’AIEA restaient ignorées par Téhéran."

Bouh...les mollahs doivent trembler. Voilà que l'Union européenne qui dans le paragraphe précédent affirme l'inutilité des sanctions économiques menacer ce régime islamo-fasciste de les poursuivre. Ce qui permettra encore au régime théocratique de gagner du temps et d'obtenir la bombe. Mais finalement n'est-ce pas ce que désir l'Union européenne ? On est en droit de se poser la question devant de telles inepties.

Tout l'inverse de l'attitude australienne puisque ce pays envisage de doubler ses effectifs militaires en Afghanistan pour les porter à un millier d'hommes afin de faire face à l'offensive de printemps des taliban. Le ministre de la Défense, Brendan Nelson, a par ailleurs exclu d'emboîter le pas du Royaume-Uni ou du Danemark en réduisant à brève échéance la présence militaire australienne en Irak, estimant qu'un tel retrait mettrait la vie de ceux qui restent en danger.

NDLR : Selon le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, la France souhaite l'adoption d'une nouvelle résolution de l'ONU pour "continuer les sanctions" à l'encontre de l'Iran, après le non respect de la résolution 1737 constaté par l'AIEA. Puisque la France avec ses partenaires européens pense qu'elles sont parfaitement inefficaces on mesure tout le cynisme du Quai d'Orsay. Mais n'est-ce pas ce même ministre qui considérait l'été dernier que l'Iran était une force stabilisatrice dans la région ? (http://limes.over-blog.com/article-4802045.html).

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Publié dans L'esprit de Münich

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