Réponse à monsieur François Morvan président de Vive la République et soutien de Nicolas Dupont-Aignan
Monsieur,
François Morvan
Tout comme vous j'ai décidé de soutenir Nicolas Dupont-Aignan pour la présidentielle de 2007. Cela nous fait un point commun. Peu importe les raisons pour lesquelles j'ai fait ce choix. J'y reviendrai ultérieurement sur mon blog. Contrairement à vous, je ne viens pas de la gauche. Je suis de droite. De la droite bonapartiste comme dirait René Reymond. Cela ne me pose aucun problème de côtoyer des personnes issues de la gauche car le gaullisme a pour vocation de rassembler les Français. C'est sa nature. Mais rassemblement ne veut pas dire compromission. J'ai lu attentivement votre discours du 28 janvier 2007 au gymnase Japy à Paris pour l'intronisation de Nicolas Dupont-Aignan. Il y a de bonnes choses mais également de plus surprenantes. Voici le passage qui m'a interpellé :
Je ne pense pas que les troupes américaines aient mis l'Irak à feu et à sang. Que la population irakienne souhaite le départ des troupes américaines est concevable mais ceux qui tuent, qui égorgent, terrorisent les irakiens ne sont pas les soldats américains. Les djihadistes et les anciens partisans du dictateur Saddam Hussein s'en chargent très bien. Si ces islamo-fascistes laissaient les institutions irakiennes, démocratiquement élues, travailler sereinement, l'Irak ne serait pas à feu et à sang. Son économie se serait redressée depuis très longtemps. Croyez-vous que le départ des troupes américaines permettra, on ne sait par quel miracle, la mise en place du plan de reconstruction économique que vous préconisez ? Permettez-moi d'en douter. Le problème aujourd'hui n'est plus de savoir si il fallait ou non intervenir en Irak. Le problème est de savoir si nous voulons que les Américains et les modérés irakiens l'emportent sur les extrémistes. De cette victoire ou de cette défaite découlera en grande partie l'état des relations internationales des prochaines années. Dans l'état actuel des choses, un départ rapide des troupes américaines ne me semble pas un facteur de stabilité.
Ségolène Royal a raison, oui je sais c'est assez rare. Mais sur le nucléaire iranien elle a raison. Elle brise un tabou hypocrite. En effet, tout le monde s'accorde en Occident pour s'opposer à la volonté des mollahs iraniens de posséder l'arme nucléaire mais pour s'empresser d'ajouter que cela ne concerne pas le nucléaire civil. Je le répète : quelle hypocrisie ! Si l'Iran devient demain une puissance nucléaire "civile", c'est à dire si elle en maîtrise la technologie, rien ne pourra l'empêcher d'obtenir la bombe quand elle le souhaitera. Il s'agira pour l'Occident de vivre constamment avec cette épée de Damoclès. Est-ce cela que nous voulons ? Vraiment ? Qui peut accorder la moindre confiance aux promesses des fanatiques qui dirigent l'Iran ? Car le problème n'est pas l'Iran mais le régime iranien. Si demain l'Iran devenait une véritable démocratie je ne vois pas pourquoi nous nous opposerions à ce que se pays devienne une puissance nucléaire. Mais tel n'est pas le cas. Il s'agit d'un régime théocratique, totalitaire, aux aspirations génocidaires. Dans ces conditions Ségolène Royal a raison de s'opposer à ce que l'Iran possède la technologie nucléaire civile et les autres font preuve d'une légéreté déconcertante.
J'ajoute que l'Iran n'a nul besoin du nucléaire pour sortir de la misère. Lorsqu'on dispose de ressources pétrolières aussi considérables on n'est pas à proprement parler un pays pauvre. Ce dont l'Iran a besoin pour sortir de la misére ce n'est pas du nucléaire mais de liberté : liberté politique, liberté culturelle et religieuse, liberté économique. Croyez-vous que demain la population nord-coréenne sortira de la misère parce que l'illuminé communiste qui lui sert de chef d'Etat possédera la bombe ? Ce dont l'Iran a besoin pour sortir de la misère c'est d'individus compétents, éduqués, probes. Que vient faire le nucléaire là-dedans ?
Nicolas Sarkozy inconditionnel d'Israël ? Peut-être. Et alors, est-ce un crime ? Israël est la seule démocratie de la région, c'est un pays ami et allié. Bien que n'étant pas juif j'aime Israël. Et si il convient d'aider les parties au conflit à s'écouter et à régler leurs différents je ne met pas la démocratie israélienne au même niveau que les dictature arabo-musulmanes, les soldats de Tsahal sur le même plan que les kamikazes du hamas ou les fascistes du hezbollah. Tout ne se vaut pas et si la politique "arabe" de la france doit consister à ménager les dictatures arabes ou le régime théocratique iranien au détriment de la sécurité de la démocratie israélienne nous nous opposerons sur ce point capital.
Car voilà quatre ans que la communauté internationale, la France en tête, cherche à résoudre la crise iranienne sur une base équilibrée. Quatre années durant lesquelles les mollahs ont trimbalé les diplomaties occidentales, jouant de notre naïveté, de nos faiblesses, de notre lâcheté aussi, tandis que les ingénieurs iraniens mettaient à profit ce répit pour faire progresser leur programme nucléaire. Qu'à obtenu en contrepartie la communauté internationale pour tous ces efforts déployés ? Rien. Ou plutôt si, l'accession au pouvoir d'un apprenti Adolf qui, grande première depuis 1945, menace les Juifs d'un nouveau génocide. Nucléaire celui-là. Croyez-vous vraiment que c'est l'envoi d'un énième diplomate à Téhéran qui va résoudre la crise ? Vous rêvez-vous en Daladier ou en Churchill ?
Je ne sais pas où Nicolas et Ségolène veulent nous mener. Et si je m'apprête à voter pour Nicolas Dupont-Aignan c'est bien parce que j'aimerais ne jamais le savoir. Mais ce que sais aussi, c'est que la politique de l'abandon et du renoncement n'ont jamais fait partie de la tradition gaulliste. Que celle-ci, si elle a toujours veillé jalousement à l'indépendance de notre nation, a également toujours fait preuve, auprès des nations amies et alliés, lors des moments décisifs, d'une solidarité et d'une fidélité sans faille. Avec le programme nucléaire iranien nous vivons l'un de ces moments décisifs.