La charrue avant les boeufs
Une nouvelle fois la diplomatie française met la charrue avant les boeufs. Et comme toujours nos médias présentent cette idiotie comme une victoire éclatante. De quoi s'agit-il ? Hier, à Paris, la France sous l'impulsion de Jacques Chirac avait organisé un sommet réunissant une cinquantaine de pays et d'institutions internationales afin de collecter des fonds pour le Liban dont la dette s'élève à au moins 36 milliards de dollars. Ce sommet était également l'occasion pour la communauté internationale de manifester son soutien au gouvernement démocratique de Fouad Siniora en butte à une tentative de déstabilisation de la part des islamo-fascistes du Hezbollah et d'un général Aoun qui ne représente plus que lui-même. Si, comme on le voit, ce sommet affichait des objectifs louables il n'en est pas moins catastrophique. Oh certes, plus de 6,5 milliards de dollars ont été récoltés. Ce qui n'est pas rien. Mais à quoi cela va t-il servir ? A colmater les brêches.
Le vrai problème du Liban
Car le problème du Liban avant d'être financier est géopolitique. Tant que la Syrie ne reconnaîtra pas l'indépendance du Liban, tant que la Syrie n'aura pas une ambassade à Beyrouth, tant que le régime syrien caressera l'espoir de revenir au pays du cèdre, toutes les conférences de donation ne serviront à rien. Tant que le hezbollah sera l'instrument de Téhéran pour déstabiliser le Liban afin de faire avancer ses pions sur l'échiquier proche-oriental les millions de dollars de l'aide internationale alimenteront le tonneau des danaïdes de la dette libanaise. Cette conférence fait suite à la guerre déclenchée par le Hezbollah contre Israël sur ordre des mollahs iraniens. L'économie du Liban a été ravagé, sa dette a explosé. Mais qui pourra empêcher que cela recommence si Téhéran y a intérêt ? Personne. Et Jacques Chirac, ou son successeur, pourra à nouveau convoquer sur les bords de la Seine les grands argentiers du monde. Faute de régler les problèmes de fond du Liban, la communauté internationale fait de la cosmétique. Damas, Téhéran et le Hezbollah doivent bien rire devant les titres dithyrambiques de la presse française louant le succès de Jacques Chirac. Les cons !!!