Les credos socialistes : hypocrisie et indécence
Le général Pinochet est mort. A l'annonce de cette nouvelle, sur le plateau de l'émission "Ripostes" de France 5, Nicolas Sarkozy a déclaré n'avoir aucun commentaire à faire. L'attitude du ministre de l'Intérieur à ce moment a été digne. Tout le contraire de ce qu'allait être l'attitude hypocrite et indécente des représentants de la gauche française. Prenons simplement deux exemples :
La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a ainsi déclaré lundi :
Quant au Premier secrétaire du PS, François Hollande, il a déclaré le même jour :
Augusto Pinochet
Qu'y a-t-il d'hypocrite et d'indécent dans ses déclarations ? Augusto Pinochet n'est-il pas responsable de la mort de milliers de personnes ? Oui. Ne fut-il pas un dictateur ayant du sang sur les mains ? Oui. Mais lorsqu'on veut donner des leçons de démocraties, des leçons d'histoires, il convient d'être irreprochable. Au-delà du spectacle ridicule de voir la secrétaire d'un parti communiste français, qui a soutenu ces dernières décennies tant de dictatures sanglantes à travers la planète, se permettre de s'ériger en moralisatrice indignée, interrogeons-nous sur la pertinence de son affirmation.
Ouvrons le Quid à la rubrique "Pinochet" : 2600 morts sur 15 millions de Chiliens. Ces victimes ont payé de leur vie le prix de leur opposition à un coup d’Etat qui venait de renverser Salvador Allende, président démocratiquement élu en 1973. Intéressons-nous maintenant à Fidel Castro : 9200 morts sur 12 millions de Cubains - soit presque quatre fois plus que le putschiste chilien. Ceci sans compter les 77 000 Cubains noyés après avoir tenté de fuir le régime castriste sur des embarcations de fortune. Pinochet a rendu le pouvoir au bout de dix-sept ans, et laissé élire ses successeurs. Fidel Castro après quarante-huit ans de dictature a préféré le confier à son frère.
Cela n'a pas empêché récemment des sections du Parti communiste français d'adresser leur soutien au dictateur cubain à la suite de l'annonce de sa maladie. Comme le prouve cette adresse de la section du parti communiste français du 14ème arrondissement de Paris :
Jusqu'à preuve du contraire ce soutien à l'un des dictateurs les plus sanguinaires d'Amérique latine par des militants du parti communiste français n'a fait l'objet d'aucune sanction de la part de Marie-Georges Buffet. Vous avez dit hypocrisie ?!!!
Fidel Castro et Augusto Pinochet
Interrogeons-nous maintenant sur les leçons de démocraties et de respect des droits de l'homme de François Hollande. Cet été, Jack Lang, membre éminent du parti socialiste français, soutien de la candidate socialiste à la présidentielle a déclaré sur France 2 à propos de Fidel Castro :
L'opprobe pour Pinochet mais la légende pour Castro. Jack Lang n'a pas du se rendre compte qu’il y avait plus de barques de fortunes en partance du paradis Cubain pour les USA que le contraire. Vous avez dit indécence ?!!!
Jack Lang et Fidel Castro
Mais à gauche, Jack Lang n'est pas le seul à faire preuve d'indécence lorsqu'il s'agit du dictateur cubain. Danielle Mitterrand a reçu Castro à l’Elysée en 1995 et a même qualifié Cuba de "paradis socialiste". Ignaciot Ramonet, directeur du "Monde diplomatique" et grande figure moralisatrice de gauche, a exprimé sa solidarité avec Fidel Castro à la suite de l'annonce de sa maladie. Il serait fastidieux et long, très très long de faire la liste des politiques, intellectuels ou artiste de gauche qui ont soutenus ou soutiennent encore le dictateur cubain. Il me semble que François Hollande si attaché aux idées de la démocratie et des droits de l'homme n'a jamais affiché son mépris pour les socialistes qui affirment leur soutien ou leur solidarité à Fidel Castro. Vous avez dit hypocrisie ?!!!
Vous ne trouverez personne à droite qui soutienne Augusto Pinochet. Du moins ouvertement. En revanche la gauche ne cache pas son soutien à Fidel Castro. Mais il y a pire. Récement, dans une émission de Thierry Ardisson sur Paris Première, "93 faubourg St Honoré" le psychanaliste de gauche, Gérard Miller, n'a pas hésité à se déclarer toujours maoïste, à défendre la mémoire de Mao en affirmant sans rire qu'il ne voyait pas ce qu'on pouvait lui reprocher !!! Belle leçon de démocratie celle qui consiste à insulter la mémoire de millions de victimes. Cela ne l'empêche nullement de donner quotidiennement, chez Laurent Ruquier, des leçons d'esprit démocratique à la droite. Indécence, vous avez dit indécence !!! Mais rassurez-vous, tout ce beau monde s'est racheté une bonne conscience démocratique à peu de frais en allant cracher sur la tombe de Pinochet.