Tout n'est pas relatif
Dans un billet du quotidien "Le Monde", en date du 24 novembre, Robert Sollé lance à propos du Liban : "De quel droit refuserait-il qu'Israël, l'Iran et quelques autres l'adoptent comme champ de bataille". C'est un mal typiquement français de toujours vouloir placer les protagonistes du Proche-Orient sur un pied d'égalité. Comme si toute critique envers une dictature arabo-musulmane devait être immédiatement compensée par une critique d'Israël. Ainsi de cette phrase du billet de Robert Sollé. Le rapprochement est étrange. D'abord car Israël ne demande qu'une chose. Qu'on lui foute la paix ! Qu'ensuite, se sont bien l'Iran et la Syrie qui se servent du Liban pour atteindre indirectement l'Etat hébreu (directement les exposerait à des représailles trop sévères), pour faire diversion ou exercer un chantage (sur le programme nucléaire iranien par exemple). L'actualité récente démontre parfaitement qui déstabilise le Liban, qui manoeuvre dans l'ombre pour y placer ses pions, qui se prépare à en faire un nouveau champ de bataille. Israël n'a aucun intérêt à se lancer dans un conflit au pays du cèdre sauf si l'Iran, la Syrie ou le Hezbollah lui forcent la main.

Enfin, je tiens à préciser ceci : je ne suporte plus qu'on puisse comparer une démocratie, Israël, à un mouvement terroriste, le Hezbollah, une dictature, la Syrie ou une théocratie totalitaire comme l'Iran. Non, tout ne se vaut pas. Bien entendu, je n'approuve pas toujours la manière dont Israël exerce son droit à se défendre. J'aimerai davantage de discernement dans le choix des cibles. Mais n'oublions jamais qu'Israël est un pays qui joue sa survie face à des ennemis qui ne sont obnubilés que par une seule chose : sa destruction. Les mollahs iraniens ont affirmé à plusieurs reprises qu'ils étaient prêts à sacrifier la moitié de leur population pour réaliser cet objectif. Cela situe le niveau du danger auquel Israël doit faire face n'est-ce pas ? De la même manière qu'un pilote de la RAF ou de l'US Air Force, même si il pouvait raser Dresde ou Tokyo en tuant des milliers de civils allemands ou japonais, ne pouvait être comparé à un Waffen SS, la démocratie israëlienne ne peut être comparée à la théocratie iranienne. Le faire est au mieux de la mauvaise foi, au pire de la lâcheté intellectuelle. Et quite à contredire un savant juif, je clame haut et fort qu'en géopolitique "Tout n'est pas relatif" !