Les droits de l'homme à géographie variable
Une plainte contre Donald Rumsfeld, ancien Secrétaire d'Etat américain à la défense, vient d'être déposée le 14 novembre, devant la justice allemande par trois organisations de défense des droits de l'homme. L'Allemagne a adopté en 2002 la loi de compétence universelle, qui permet d'engager des poursuites contre des criminels de guerre présumés où qu'ils se trouvent, quels que soient leur nationalité et l'endroit où les actes ont été commis. Parmi les trois organisations de défense des droits de l'homme on trouve la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH). Son siège est à Paris et son directeur se nomme Antoine Bernard.
Antoine Bernard
Or il se trouve que cette organisation qui voit en Donald Rusmfeld un criminel de guerre n'a jamais fait preuve de la même virulence à l'égard du génocidaire de Khartoum, Omar el-Béchir. Ainsi sur le conflit du Darfour la FIDH adopte un profil bas, discret, minimaliste. Dernièrement elle en est même venue à demander au "président soudanais à consentir au déploiement d’une mission onusienne de maintien de la paix". A consentir !!! Et lorsqu'elle polémique sur le sujet c'est...pour condamner Washington et l'utilisation par Colin Powell du mot "génocide". Car jamais ce mot ne se retrouve dans les (trop) rares communiqués de la FIDH sur la situation au Darfour. On y parle "simplement" de crimes de guerre, de violations des droits de l'homme, de nettoyage ethnique. Dans ce dernier cas cela n'engage pas à grand chose puisque la notion de purification ethnique n'existe pas dans le droit international. De 200.000 à 300.000 personnes massacrées (selon les sources), des millions de réfugiés ne sont apparemment pas suffisant pour mériter le qualificat de génocide aux yeux de la FIDH. Ni même pour en faire le sujet prioritaire dans la longue liste des atteintes aux droits de l'Homme. Pire, lors du trente cinquième congrès de la FIDH à Quito en mars 2004, sur les vingt-quatre résolutions adoptées aucune ne concernait le Soudan !!! En revanche des résolutions concernaient les détenus de Guantanamo, la situation dans les territoires palestiniens, l'Irak etc... C'est ce que l'on peut nommer une défense des droits de l'homme à géographie variable.
Le boucher du Darfour
En d'autres temps la FIDH et autres organisations des droits de l'homme n'hésitèrent pas à évoquer un génocide dans les Balkans où les victimes furent moins nombreuses. Il s'agit pourtant bien d'une guerre des races qui se déroule au Darfour. Oui mais voilà, les bourreaux sont des islamistes arabes. Est-cela qui explique que la FIDH ne saisisse pas la justice allemande pour juger celui qui est aujourd'hui le chef d'Etat en exercice qui a le plus de sang sur les mains : le génocidaire du sud chrétien et animiste, le boucher du Darfour ? Si la FIDH veut garder un minimum de crédibilité plutôt que de se complaire dans son anti-américanisme primaire elle ferait mieux de s'attaquer aux bourreaux qui quotidiennement martyrisent les populations qui ont le malheur de vivre sous leur joug. Lorsqu'on se prétend une association de défense des droits de l'homme c'est le moins que l'on puisse faire.